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Parc Industriel © ATSA
atsa
Montréal
2001

Parc Industriel / en Détails

Projet|Programmation | en détails

Le point de départ du projet Parc Industriel répond à une réflexion sur ce que nous comptons léguer aux générations futures et implicitement sur les valeurs motrices de la société d’aujourd’hui. Elle attaque entre autre les problèmes de la surconsommation, de l’hyper-productivité qui entraînent une négligence écologique aux conséquences méconnues et évitées. Elle pose la question de notre rapport à l’objet, qui n’en est pas assez un de récupération mais de remplacement, ainsi qu’à l’environnement.

Sous forme de voyage dans le temps, l’intervention se découvre sous la forme d’un site archéologique enfoui dans la nature qui nous dévoile les vestiges d’une civilisation ancienne s’avérant être la nôtre. Le propos n’est pas directement accusateur puisqu’il ne fait que témoigner d’une manière détachée et sur un ton muséal de cette civilisation à connaître, mais nous oblige au constat en nous renvoyant à notre propre image. Il s’agit d’un voyage dans le futur faisant renaître le présent comme s’il faisait parti du passé. Cette ellipse temporelle donne une perspective de fait accompli. Elle permet un regard neutre et humoristique favorisant la réflexion et le recul nécessaire à l’auto critique.

Tout au long de l’histoire l’arche est symbole de victoire et de suprématie. Sa vocation sacrée est aussi, comme le dit Otto von Spreckelsen, architecte de la Grande Arche à Paris «une fenêtre sur le monde…un regard sur l’avenir.» 

...regard critique que nous vous proposons ici à l’entrée du Parc Industriel rue Sherbrooke : Une porte d’arche construite à partir de ballots de métal et de papier compressés nous détermine un passage vers un bassin d’eau polluée. Entouré de colonnes de matériaux recyclés et rappelant le site de Stonehenge, réelle métaphore de l’infinitésimalité de notre existence, elles seront à elles seules un témoignage de notre civilisation faisant appel à l’éphémérité de la connaissance et des objets qui nous entourent tout en visant notre mégalomanie destructrice.

Un escalier et une plateforme de 40 pieds de haut nous permettra de surplomber un container d’ou vous serez invité à jeter un objet usuel. Téléphones cellulaires, ordinateurs, lampes, etc.… seront le contenu de ce tombeau de l’Homme des temps modernes. Tel un rituel, ce geste-sacrifice nous fera vivre la suprématie de l’objet en nous dévoilant la quantité démesurée de produits de consommations que nous générons et dont nous sommes devenus esclaves.

Ce site ayant une réelle valeur archéologique, le musée Pointe à Calière et le ministère de la culture et des communications esperent pouvoir dévoiler les fondations de l’ancien presbytère. Étant dans le rayon protégé de la Maison Notman, ce geste nous positionne face à notre patrimoine et nous fera vivre une réflexion constante sur ce que nous léguons et les responsabilités environnementales de nos actes passés, présents et futurs.

Son ouverture sur la rue en tant que lieu public alternatif est évidente mais une autre installation, sonore cette fois, l’ouvre davantage sur la ville et sur le monde. Quelques haut-parleurs (recyclés encore une fois) disposés autour des jeux d’enfants nous transmettent en sourdine un préenregistrement d’un quartier différent de Montréal. Vie quotidienne d’un autre lieu public, langues et musiques étrangères nous donnent l’illusion d’un lointain ailleurs. Voilà qui nous invite au cosmopolitisme et à la mondialisation tout en réalisant qu’il y a un autre moment présent quelquepart. Cette intervention continue notre idée de métissage des cultures, des identités, des possibilités excentriques que peuvent offrir un lieu par son organisation spatiale et temporelle.

Nous intégrons ce projet dans un contexte d’éducation et de responsabilité face à notre environnement. Dans cette perspective, les jeunes de la rue sont engagés chez Pops, grâce à Alvaro, et à l’X, qui fabrique déjà son propre compost, et seront pairés aux étudiants en horticulture de l’école Louis Riel pour participer au paysagement et à l’entretien du site. Plusieurs organisme viennent se greffer au projet dont les écos quartiers, le réseau équiterre, Green peace montréal, Environnement Canada, le centre d’écologie urbaine, Compo-Richelieu en nous donnant une foule d’informations écologiques que nous pourrons intégrer à la visite et en animant nos samedi écolos sous forme d’ateliers, de kiosques, de projections de films etc...

Le temps des repas étant un moment privilégié pour les échanges humains et pour rendre le lieu tout à fait convivial, des tables à pique-nique et des barbecues sont à la disposition de tous. Ces « soupers communautaires » rendent ce faux site archéologique tout à fait convivial et reflètent bien d’un mandat prioritaire de notre organisme qui est de redonner un sens de communauté dans des lieux urbains abandonnés. Nous espérons ainsi attirer un public familial et diversifié.

Tout en restant une expérience esthétique, architecturale, historique et temporelle stimulante, le Parc industriel génére une prise de conscience et des discussions sur qui nous sommes et ce que nous nous apprêtons à léguer à nos enfants, le tout sur un ton humoristique, accessible mais non moins incisif. Tout comme les sites touristiques archéologiques, le Parc Industriel est un lieu public. Il est aussi un lieu d’amusement, de réflexion et de rencontre, une portion de nature. Ce parcours respecte donc tous ces aspects par ses dimensions fantaisistes et éducatives et par son explosion de verdure.